Voilà deux ans, nos vœux étaient accompagnés d’un magnifique petit ouvrage « Pourquoi j’ai mangé mon père » de Roy Lewis : une façon drôle d’évoquer les affres du changement qui constituent le quotidien du consultant. L’année dernière vous avez apprécié « 80 hommes pour changer le monde » un ouvrage sur les initiatives positives d’entrepreneurs visionnaires en matière de développement durable. Cette année nous avons choisi de vous interpeller de façon un peu plus polémique : mais n’est-ce pas aussi le rôle du consultant que d’alimenter la réflexion à partir de données plus iconoclastes ? En effet, Jean Peyrelevade nous montre combien il sera difficile d’aller plus avant notamment en matière de développement durable, tant que la société monde n’aura pas réformé en profondeur le « capitalisme total » qu’il décrit dans son ouvrage.
Développement durable et capitalisme total sont-ils antinomiques? Nous serions ravis d’échanger ici avec vous sur ce sujet.
janvier 23, 2008 at 8:12
Il est toujours difficile de poser la première question…
J’ai largement participé à ce choix d’ouvrage parce qu’il a l’intérêt de démontrer que:
- le capitalisme financier ainsi décrit n’est pas forcément l’ami du capitalisme industriel, patrimonial attaché à la production, à l’outil et inscrit dans la durée
- ce capitalisme financier devenu un capitalisme sur le capitalisme vit sans patron… ou plutôt des millions de patrons anonymes que nous alimentons avec nos assurances vies personnelles ! Une bonne façon de ce tirer une balle dans le pieds puisque par ce truchement nous pourrions contribuer via notre retraite par capitalisation (et les fonds d’investissements afférents) à préssurer l’entreprise dans laquelle nous pourrions travailler et finalement l’inviter à se délocaliser… vous voyez ce que je veux dire.
- Evidemment tout ça est parfaitement anti développement durable !
Et si Davos s’emparait de la question ? Et si Joseph STIGLITZ appelé par notre Président mettait les pieds dans le plat comme il le fait depuis quelques années?